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Qu’est-ce qu’une bonne jument poulinière ?

Par Nathalie Beaulieu, avec la collaboration de Hélène Laverdière

L’élevage est une grande aventure. On y rencontre des embûches et des difficultés mais aussi de beaux moments et de grandes satisfactions. Quoi de plus fantastique que de voir le bébé que l’on a élevé devenir un gagnant. Cependant, pour arriver à ce résultat, il faut être capable de compter sur une bonne poulinière. N’oublions pas que la jument compte pour plus de 50% du résultat. Comment reconnaître une reproductrice de qualité ? Voici quelques trucs qui vous y aideront. D’abord le physique, ensuite l’attitude mentale, ses qualités, ses défauts et finalement, son comportement avec le poulain. Mais, soyons plus précis.

pouliniere

Le physique d'une jument destinée à la reproduction est très important car il est héréditaire. Il faut prioriser un corps balancé, une encolure qui se porte basse (habituellement, une jument avec ces qualités physiques aura de belles allures), des aplombs corrects car il est difficile de garder un cheval sain durant son entraînement s’il a les pattes croches. Également, dans le marché d’aujourd’hui, il faut rechercher une jument avec une belle tête et un certain style car la compétition est de plus en plus forte et c’est important d’avoir un beau « look ». Mais, le physique, ce n’est pas tout, il y a le mental aussi.

Au niveau du « cerveau », tout est relié à une seule phrase : une bonne attitude au travail. Idéalement la reproductrice doit avoir un bon vouloir. Par exemple, une jument qui a du cœur compensera souvent pour certaines petites faiblesses physiques et passera cette bonne attitude à ses rejetons. La personnalité et l’intelligence de la jument est très indicatrice de ce qu’elle produira. Les entraîneurs et les compétiteurs recherchent des chevaux physiques mais surtout faciles à entraîner et qui ont le désir du travail et de plaire. Si la jument n’a pas été en compétition, il est possible d’analyser son attitude générale à l’écurie et à la manipulation. Par contre, il faut faire la différence entre une jument dominatrice avec les autres chevaux et une jument agressive en générale. Le premier cas ne pose pas de problème, au contraire, cela donne souvent des rejetons plus matures. On retrouve la personnalité de la poulinière dans ses rejetons et ce souvent pour plusieurs générations. C’est pourquoi il est important de baser un programme à partir d’un excellent tempérament. Mais qu’en est-il des qualités que doit avoir cette future maman.

Un bon pedigree est essentiel, surtout si une jument n’a pas de gains en concours. Avant tout, une poulinière doit avoir une lignée solide. Si elle est le rejeton d’un étalon prouvé et populaire cela lui donnera une bonne mise en marché. Mais il ne faut surtout pas négliger le côté maternel car c’est souvent de là que provient la force d’une lignée de performance. Il faut donc commencer avec le meilleur matériel génétique possible pour tenter d’améliorer le rejeton. Ensuite vient le bon tempérament et une bonne conformation. Il ne faut pas oublier les gains de la jument en concours et de ses rejetons. Il faut faire la différence entre la performance et la longévité de certaines juments. De plus, les bourses des années pécédentes étaient moindres et les accumulations moins précises. Mais, comme nous ne vivons pas dans un monde parfait, que fait-on avec les défauts de ces dames ?

Certaines faiblesses sont acceptables ou moins dommageables tel que : un petit ou inexistant « show reccord » et certains défauts de conformation peu accentués. Ces irritants seront améliorés lors du choix de l’étalon. Il faut être réaliste avec le budget établit mais surtout ne pas oublier qu'on essaie d’améliorer notre production d'année en année. En ce qui concerne les défauts inacceptables chez une reproductrice, il y a une lignée pauvre ou pire encore une lignée qui comprennent des individus de mauvaises réputations. Il est important d’éviter de reproduire de mauvais sujets pour les générations à venir. Il faut aussi considérer l’aspect économique, c’est-à-dire le coût de reproduction par poulains. Certaines juments coûtent une fortune à faire saillir et à garder gestantes. Il reste donc un élément à considérer avant de déclarer une jument bonne poulinière et il s’agit de son comportement en tant que mère.

Le plus important à cette étape est d’avoir une mère qui, physiquement, a un bon instinct maternel, protège et nourrit son poulain adéquatement. De toute évidence, une jument qui ne possède pas ces trois qualités devrait être éliminée car se sont des éléments essentiels à la survie du rejeton. Le comportement a définitivement un impact sur celui du poulain car il sera témoin et imitera sa mère. Il faudra donc sevrer le plus rapidement possible un rejeton dont la mère est excessivement nerveuse, agitée, mauvaise habitude, etc… La hiérarchie et la discipline est importante, une jument avec une bonne personnalité est définitivement un plus. Cependant, une grande partie de l’instinct de troupeau sera modifié par l’entraînement, la performance du poulain semble être grandement influencée par son attitude génétique et l’impact humain.

Finalement, chacun verra son élevage avec son budget et avec certaines relations développées avec des juments. Il faut tout de même être suffisamment objectif pour faire des compromis et tirer un trait avec l’inacceptable. Le but de tout éleveur devrait être d’améliorer la race et la performance et parfois être assez critique pour éliminer les mauvais sujets. Il y a des gens qui dépense beaucoup d’argent avec des reproductrices de qualités moyennes au lieu de se concentrer sur 1 ou 2 juments de qualités supérieures. Elles sont plus dispendieuses à l’achat mais plus profitable sur une longue période. Avec un peu de bon jugement et de conseils (entraîneurs, autres éleveurs) nous avons tous la possibilité d’élever un champion. Il y a toujours le rêve qui nous tient, sans compter le plaisir et l’espoir d’être le témoin des premiers pas d’un futur champion.

Nathalie Beaulieu

À propos de Nathalie et Mike Mcentire. Ils sont établis en Caroline du Nord où ils exploitent en centre d’entraînement et de reproduction spécialisés en reining. Nathalie possède 13 ans d’expériences dans la reproduction. Elle a notamment travaillé pour Sunny Pines Farm avec Boogies Flashy Jac, Smart & Chromed et quelques autres. Elle consacre maintenant ses énergies avec Spooks Jazzman (Grays Starlight X Docs Rey Jay) et BH Enterprise.
Pour les rejoindres 919-258-3381

 
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